Mali Des hommes armés ont tué 32 civils dans le centre du Mali

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Au moins 32 civils ont été tués dans le centre du Mali lorsque des hommes armés non identifiés à moto ont attaqué des villages d’agriculteurs ethniques Dogon mercredi 8 juillet

Les assaillants ont ciblé quatre villages de la région de Mopti, qui a connu des dizaines de massacres ethniques à mains nues ainsi que des raids djihadistes au cours des dernières années. Le maire de la commune de Bankass, Moulaye Guindo a publié une liste des victimes jeudi (Juillet 2 e ) qui a mis le nombre de morts à 32. D’ autres responsables de la région ont dit « ils pensaient que les attaques ont été menées par les djihadistes, qui disent souvent ils défendent les éleveurs peuls contre les agriculteurs Dogons rivaux. »

Les attaques ont eu lieu dans les villages de Panga Dougou, Djimdo, Gouari et Dialakanda, qui font partie des communes de Tori et Diallassagou (cercle de Bankass). Selon les témoins avec lesquels Amnesty International s’est entretenue, les assaillants se déplaçaient en convoi (au moins 60 motos et véhicules armés). Ils ont attaqué en premier Panga Dougou, faisant au moins un mort. Ils se sont ensuite rendus à Djimdo, où ils ont tué 15 personnes, et à Gouari, où ils ont fait 16 autres morts et quatre blessés.

Les attaques se sont déroulées le 1er juillet entre 16 heures et 19 heures. Les assaillants se seraient emparés de bétail et de motos dans ces villages, selon des proches des victimes interrogés par Amnesty International. Au moment des attaques, l’armée malienne n’était pas présente sur les lieux.

Une personne ayant survécu à l’attaque de Gouari a indiqué à Amnesty International :

« Les assaillants sont arrivés en convoi ; il y avait des dizaines de motos et de pick-up armés. Nous pensions que c’était l’armée parce que les hommes à bord des pick-up portaient des treillis militaires. Ils ont d’abord été salués par les villageois qui travaillaient dans les champs mais, au moment d’entrer dans le village, ils ont commencé à tirer sur eux. Certains villageois ont riposté en faisant feu mais la plupart ont été tués et d’autres ont fui. Les assaillants sont restés dans le village jusqu’à 19 heures et les militaires ne sont arrivés que vers 20 heures. »

La saison des pluies est la période la plus importante de l’année pour l’agriculture au Mali. C’est à ce moment que les agriculteurs sèment et font pousser une grande partie des plantes dont dépendent leurs moyens d’existence. Les violences intercommunautaires entre les pasteurs et les populations sédentaires, qui concernaient initialement l’accès aux ressources en terres et en eaux, mais alimentent de plus en plus un cercle vicieux de représailles, ont eu une incidence négative sur le cycle agricole ces dernières années.

Le 30 juin, dans le communiqué final du sommet tenu à Nouakchott (Mauritanie), les membres du G5 Sahel ont affirmé leur détermination à prévenir les violences et à protéger les civils au sein de leur espace régional. Les chefs d’État se sont engagés à ce que toutes les allégations de violations commises par les forces de défense et de sécurité fassent l’objet d’une enquête et à ce que des sanctions soient prises, le cas échéant. En mai 2020, le conflit avait déjà entraîné le déplacement de 250 000 personnes sur le territoire malien.

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