En RD-Congo, la structure de microfinance de l’Église a cinq ans

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L’Institution financière pour les œuvres de développement (Ifod), la société de microfinance de l’Église catholique congolaise s’apprête à célébrer ses cinq ans d’existence. Dans cet entretien accordé à La Croix Africa, André-Paul Eboma, directeur général de cette structure de l’épiscopat congolais revient sur ses missions et ses perspectives d’avenir.

La Croix Africa : Qu’est-ce que l’Ifod ?

André-Paul Eboma : L’ institution financière des œuvres du développement (Ifod) est une société anonyme avec un conseil d’administration. Elle a été initiée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Il s’agit d’un projet qui a germé depuis 2010, à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la Cenco. Mais c’est en 2015 qu’elle a obtenu son agrément de la banque centrale du Congo pour fonctionner légalement comme une société de microfinance avant d’ouvrir officiellement et opérationnellement ses portes le 22 juin 2016, à Kinshasa. Elle est constituée suivant le traité de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) sous forme commerciale d’une société anonyme, qui est administrée par un conseil d’administration, lequel conseil d’administration est présidé par un évêque qui est, Mgr Nicolas Djomo évêque de Tshumbe dans le centre et un directeur général dont moi-même.

Quel bilan pouvez-vous établir cinq ans après la création de cette institution ?

André-Paul Eboma : La vision de l’Ifod dans la conception de nos pères évêques était de contribuer à rendre la société congolaise solidaire, responsable, capable de se prendre en charge, de mener une vie saine, équilibrée visant le développement intégral de l’homme. La mission principale des institutions de microfinance est de fournir les services financiers adaptés, c’est le cas pour l’Ifod. Notre institution financière cible principalement les femmes, les jeunes mais l’on n’oublie pas les hommes ou personnes âgées qui sont capables d’exercer des activités génératrices des revenus, sans distinction fondée sur des croyances religieuses ou ethniques.
Nous avons aujourd’hui plus de 10 000 clients confondus, épargnants et emprunteurs, nous avons un encours de crédit qui avoisine les 3,5 millions de dollars américains et un volume d’épargne qui avoisine les 4,5 millions de dollars américains.

Qu’en est-il de son expansion dans le pays ?

André-Paul Eboma : Les cinq premières années ont été pour nous la phase de lancement et désormais nous sommes en train d’avancer vers la phase de croissance pour assurer la pérennité de notre institution. Nous avons pris l’élan et nous sommes heureux de constater que le réseau de l’Église catholique à travers le pays est très ouvert et encourage l’initiative de nos pères évêques qui sont des actionnaires principaux de l’Ifod. Petit à petit, nous avançons. L’idéal pour nous dans le plan de développement est d’assurer cette couverture selon la configuration de l’organisation de l’Église catholique congolaise à travers ses provinces ecclésiastiques. Nous sommes à Kinshasa et Lubumbashi et nous comptons l’installer dans les quatre autres provinces ecclésiastiques de l’Église notamment Kisangani, Bukavu, Kananga et Mbandaka.

Recueilli par Junior Kitambala (à Kinshasa)

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