Pape François: saint Joseph, le « gardien des vocations »

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C’est sur la «figure extraordinaire» de saint Joseph, fêté avec une attention particulière ce 19 mars en cette année spéciale qui lui est consacrée, que le Pape François a centré son message pour la Journée mondiale de prière pour les vocations, fixée au 25 avril prochain (4e dimanche de Pâques). Le père nourricier de Jésus, «gardien des vocations», suggère trois paroles-clés pour l’appel adressé à chacun: rêve, service et fidélité. Le Saint-Père les explore dans ce message publié ce vendredi.

Les vocations tendent à «susciter et régénérer des vies chaque jour»; c’est pour cela que  le Seigneur cherche à «modeler des cœurs de pères et de mères», et c’est précisément ce qu’il a décelé en Joseph, l’humble charpentier de Nazareth qui, «à travers sa vie ordinaire a réalisé quelque chose d’extraordinaire aux yeux de Dieu», affirme François en guise d’exorde. Pour le Saint-Père, le témoignage de l’époux de la Vierge Marie peut ainsi nous orienter sur le chemin de nos vocations respectives, au travers de trois mots-clés.

Accueillir le rêve de Dieu pour nous

Le rêve de se réaliser habite le cœur de chacun, et il peut se résumer en une seule parole: «amour» car, affirme le Pape, «c’est l’amour qui donne sens à la vie, qui en révèle le mystère». Joseph est celui qui a fait de sa vie un don, en suivant notamment les songes que Dieu lui a inspirés. Les Évangiles en rapportent quatre, et à chaque fois, Joseph a dû remettre en cause ses plans, les sacrifier pour se conformer à ceux de Dieu, en lui faisant confiance jusqu’au bout, résume François. Ces épisodes montrent que Joseph a prêté son «oreille intérieure» à la voix de Dieu, qui «n’aime pas se révéler de manière spectaculaire, en forçant notre liberté», mais en s’adressant à l’intériorité des hommes «avec délicatesse», en parlant à travers leurs pensées et sentiments, et ce faisant, il leur propose «des objectifs élevés et surprenants».

«Les songes, en effet, ont conduit Joseph dans des aventures qu’il n’aurait jamais imaginées. Le premier déstabilisa ses fiançailles, mais le rendit père du Messie ; le second le fit fuir en Égypte, mais il sauva la vie de sa famille. Après le troisième, qui annonçait le retour dans sa patrie, le quatrième lui fit encore changer ses plans, le ramenant à Nazareth, là même où Jésus allait commencer l’annonce du Règne de Dieu. Dans tous ces bouleversements, le courage de suivre la volonté de Dieu se révéla donc vainqueur. Il en est ainsi de la vocation : l’appel divin pousse toujours à sortir, à se donner, à aller plus loin.»

Car, insiste le Pape, «il n’y a pas de foi sans risque» et le vrai «oui» à Dieu se vit dans l’abandon, dans la confiance qui s’agrège à un dessein plus grand, connu de «l’artiste divin» seul. Par son obéissance confiante et non passive, saint Joseph «représente une icône exemplaire de l’accueil actif des projets de Dieu».

Le service, signe d’une vocation réussie

Le «très chaste époux de Marie» et patron de la bonne mort incarne «le sens oblatif de la vie», note le Saint-Père qui ajoute: «son service et ses sacrifices ont été possibles, mais seulement parce qu’ils étaient soutenus par un amour plus grand». Joseph fit du service une règle de vie quotidienne, s’adaptant aux vicissitudes et épreuves de la vie avec disponibilité :

«De Nazareth à Bethléem pour le recensement, puis en Égypte et encore à Nazareth, et chaque année à Jérusalem, bien disposé chaque fois à aller à la rencontre de circonstances nouvelles, sans se plaindre de ce qui arrivait, prêt à aider pour régler les situations. On peut dire qu’il a été la main tendue du Père céleste à son Fils sur la terre. Il ne peut donc qu’être un modèle pour toutes les vocations, qui sont appelées à ceci : être les mains laborieuses du Père pour ses fils et ses filles.»

De cette disponibilité totale, provient ce que le Pape nomme «le soin dans la garde», qui devient le signe d’une «vocation réussie», le «témoignage d’une vie touchée par l’amour de Dieu». «Quel bel exemple de vie chrétienne nous offrons lorsque nous ne poursuivons pas obstinément nos ambitions et que nous ne nous laissons pas paralyser par nos nostalgies, mais que nous prenons soin de ce que le Seigneur, à travers l’Église, nous confie !», s’exclame l’évêque de Rome qui aime à voir en saint Joseph le «gardien des vocations».

La fidélité, secret de la joie

Un autre aspect qui caractérise la vie de saint Joseph est la fidélité. Dans le silence actif de chaque jour, le père adoptif de Jésus «persévère dans l’adhésion à Dieu et à ses plans», il médite, «cultive tout dans la patience», sachant que «l’existence ne s’édifie que sur une adhésion continue aux grands choix». Cette constance et cette douceur de Joseph inspira non pas les chroniqueurs de l’époque mais bien «le quotidien de chaque père, chaque travailleur, de chaque chrétien au cours des siècles». Car, précise le Pape, «la vocation mûrit seulement à travers la fidélité de chaque jour», et celle-ci se nourrit de celle de Dieu, toujours fidèle à ses promesses :

«Ne crains pas: ce sont les paroles que le Seigneur t’adresse aussi, chère sœur, et cher frère, quand, malgré les incertitudes et les hésitations, tu ressens comme ne pouvant plus être différé le désir de lui donner ta vie. Ce sont les mots qu’il te répète quand, là où tu te trouves, peut-être au milieu d’épreuves et d’incompréhensions, tu luttes pour suivre chaque jour sa volonté. Ce sont les paroles que tu redécouvres lorsque, sur le chemin de l’appel, tu retournes au premier amour. Ce sont les paroles qui, comme un refrain, accompagnent celui qui dit oui à Dieu par sa vie comme saint Joseph : dans la fidélité de chaque jour.»

Cette fidélité est le secret de la joie, «quotidienne et transparente», celle-là même qui habitait la maison de Nazareth. «Comme il serait beau si la même atmosphère simple et radieuse, sobre et pleine d’espérance, imprégnait nos séminaires, nos instituts religieux, nos maisons paroissiales !» conclut le Pape avant de souhaiter la joie à tous ceux et celles ayant choisi de faire de Dieu le rêve de leur vie, «pour le servir dans les frères et sœurs» qui leur sont confiés, à travers la fidélité «dans une époque marquée par des choix passagers et des émotions qui disparaissent sans laisser la joie.»

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