Indonésie: au moins 20 personnes blessées dans un attentat visant une cathédrale

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Un attentat a visé la cathédrale de Makassar dimanche 28 mars dans l’est de l’Indonésie après la messe des Rameaux, faisant au moins 20 blessés.

Au moins 20 personnes ont été blessées dimanche 28 mars dans un attentat-suicide qui a visé la cathédrale de Makassar, dans l’est de l’Indonésie, après la messe des Rameaux. Cette célébration marque le début de la Semaine Sainte.

Puissante déflagration

Selon des témoins, les abords de l’édifice du sud de l’île de Célèbes étaient marqués par les traces de la puissante déflagration qui s’est produite dans la matinée en Indonésie, après la fin de la messe.

« Deux personnes circulaient à moto quand l’explosion s’est produite au principal portail de l’église, les assaillants tentaient d’entrer dans le périmètre, a déclaré le porte-parole de la police nationale Argo Yuwono. La moto a été détruite et il y a des morceaux de corps. »

Un agent de sécurité a tenté d’empêcher la moto d’entrer dans le périmètre de la cathédrale du Sacré-Cœur-de-Jésus, siège du diocèse de Makassar, ville portuaire de 1,5 million d’habitants, juste avant la déflagration. Mohammad Mahfud MDle ministre coordinateur de la Sécurité a confirmé que les deux assaillants qui ont mené l’attaque avaient été tués.« Nous avions terminé la messe et les gens rentraient chez eux quand cela s’est produit », a déclaré le père Wilhelmus Tulak. De nombreux véhicules étaient endommagés près du complexe de la cathédrale, autour duquel la police établissait un cordon de sécurité.

Après la prière de l’Angélus, dimanche 28 mars, le pape François a appelé à prier « pour toutes les victimes de violences, en particulier celles de l’attaque qui a eu lieu ce matin en Indonésie, devant la cathédrale de Makassar. »

Ce n’est pas la première fois que la minorité chrétienne (10 % de la population) de ce pays d’Asie du Sud-Est, fort de 275 millions d’habitants, dont près de 90 % de musulmans, est prise pour cible. Plusieurs attaques d’extrémistes ont témoigné d’une certaine montée de l’extrémisme dans le pays.

La minorité chrétienne déjà visée en 2018

En mai 2018, une famille de six personnes, dont deux filles de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, avait déclenché des bombes contre trois églises de Surabaya, la deuxième ville du pays, tuant plus d’une dizaine de fidèles. Cette famille était liée au mouvement islamiste Jamaah Ansharut Daulah (JAD), soutenant le groupe État islamique (EI) qui avait d’ailleurs revendiqué les attaques.

La tradition de tolérance de l’Indonésie a été mise à l’épreuve ces dernières années par un développement des courants islamiques conservateurs, voire extrémistes, et les minorités religieuses, chrétiennes mais aussi bouddhistes et hindoues s’inquiètent pour la coexistence religieuse. En 2002, un attentat meurtrier sur l’île de Bali, attribué à l’organisation islamiste indonésienne Jemaah Islamiyah (JI) avait fait 202 victimes.

Arnaud Bevilacqua

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