Ghana: Les religieux soutiennent un projet de loi contre la pratique et la promotion de l’homosexualité

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Le projet de loi sur « la promotion des droits sexuels de l’homme et des valeurs familiales ghanéennes », criminalisant la pratique et la promotion de l’homosexualité au Ghana, est largement soutenu par les communautés religieuses. Alors que les débats s’ouvriront ce mois d’octobre sur le projet de loi, plusieurs communautés religieuses ont déposé des mémoires pour le soutenir.

Au Ghana, ce sont les responsables religieux qui sont en première ligne pour soutenir le projet de loi sur « la promotion des droits sexuels de l’homme et des valeurs familiales ghanéennes », criminalisant la pratique et la promotion de l’homosexualité dans ce pays d’Afrique de l’ouest.

Dans le Code pénal ghanéen de 1960, les rapports sexuels entre homosexuels – désignés par l’expression « relations charnelles non naturelles » – sont déjà passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Mais la raison de ce nouveau projet de loi est liée à l’augmentation récente des activités de plaidoyer et d’activisme en faveur des Lgbtqi dans le pays. Le nouveau texte de 36 pages que proposent huit parlementaires va plus loin. Il rend obligatoire les signalements d’actes homosexuels et interdit sous peine de prison tout acte de promotion, de soutien ou de financement des activités des Lgbtqi.

Présenté au Parlement ghanéen en juillet 2021, le projet de loi a fait l’objet d’une première lecture par le Parlement le 3 août, puis a été transmis à la commission des affaires constitutionnelles, juridiques et parlementaires. Les prochaines étapes sont prévues à partir de ce mois d’octobre, lorsque le Parlement reviendra de vacances.

« Ne jamais se laisser intimider ou succomber à la pression »

En attendant, catholiques, protestants et évangéliques, de même que les musulmans, ont apporté leur soutien à cette loi qui divise l’opinion au Ghana. Mercredi 7 octobre les dirigeants de l’Église pentecôtiste, de l’Église méthodiste du Ghana, et bien d’autres dénominations chrétiennes se sont rendus au siège du Parlement pour déposer une dizaine de mémoires. Plus tôt cette semaine, la conférence des évêques catholiques, les Assemblées de Dieu du Ghana, et le conseil islamique du Ghana ont envoyé des mémos soutenant le projet de loi.

Déjà au mois de février, l’épiscopat ghanéen avait donné de la voix dans le débat sur l’homosexualité qui avait refait surface après l’ouverture par « Lgbt + Rights Ghana », un mouvement de défense des droits et des libertés des Lgbt au Ghana, de son espace communautaire en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne au Ghana et d’autres officiels occidentaux. « Nous demandons au gouvernement du Ghana de fermer les bureaux Lgbtqi qui ont été récemment ouverts à Accra », avait plaidé l’épiscopat vendredi 19 février, demandant également « à l’exécutif et au législatif de ne jamais se laisser intimider ou succomber à la pression visant à légaliser les droits des Lgbtqi au Ghana ». Quelques jours après cette déclaration et face à la grogne d’une partie de la population, l’espace communautaire Lgbtqi a été fermé par la police.

Respecter les droits fondamentaux

Même si l’Église condamne fermement les actes homosexuels, elle insiste sur le fait que les droits des homosexuels en tant que personnes doivent être respectés. « Les homosexuels sont aussi des êtres humains, créés à l’image de Dieu, et ils devraient jouir des mêmes droits fondamentaux que les autres. » a rappelé, jeudi 7 octobre, Mgr Philip Naameh, le président de la Gcbc dans un entretien sur Joy News, une télévision locale.

Diverses organisations internationales de défense des droits de l’homme et des juristes locaux ont manifesté leur désaccord à l’égard de la proposition de loi qu’ils jugent liberticide. Les experts des Nations unies ont sévèrement critiqué le projet de loi et déclaré qu’il violait de nombreuses conventions internationales dont le Ghana est signataire, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Guy Aimé Eblotié

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