Dossier « Hospitalité et spiritualité » : L’hospitalité, chacun à sa manière

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L’hospitalité se décline différemment selon son vécu et sa réalité du moment. Trois récits pour en inspirer d’autres !

Evelyne, de nouveau seule…

« C’était beaucoup plus simple de recevoir à la maison lorsque mes enfants étaient plus jeunes. Je préparais de toute façon les repas, et avoir une ou deux personnes de plus n’était pas un problème », partage Evelyne, la soixantaine. Elle se souvient de magnifiques moments passés devant un repas, bon mais simple.

A présent, elle ne se sent plus de recevoir comme avant. « Depuis que je vis seule, je stresse d’avantage lorsque j’accueille quelqu’un que je ne connais pas bien à la maison », se confie-t-elle. Par contre, l’hospitalité se traduit toujours chez Evelyne comme une invitation à construire une relation, à partager un moment d’amitié, d’encouragements réciproques.

« Une fois, lorsqu’une très bonne amie est venu chez moi, j’ai acheté un repas préparé par mon poissonnier préféré que j’ai tout simplement réchauffé à la maison. C’était délicieux et nous avons passé une excellente journée. »

Rachel, quatre enfants

Pour Rachel, maman de quatre enfants, hospitalité rime avec accueil, ouverture vers l’autre autour d’un repas. Elle inclut aussi une possibilité d’accueillir pour la nuit. Elle a grandi dans une maison ouverte et ses parents leur permettaient, à elle et à ses frères, de se retrouver à la maison avec leurs groupes d’amis.

Mais Rachel a également eu l’occasion de pratiquer l’hospitalité durant sa formation d’infirmière et au sein de la communauté dont elle et son conjoint ont fait partie pendant de nombreuses années. Elle a ainsi connu différentes manières d’exercer l’hospitalité selon les circonstances de sa vie : « Quand j’étais en coloc’, je devais trouver une façon d’accueillir le groupe de prière dans ma chambre, par exemple », se souvient-elle.

Au début de leur vie de couple, elle et son mari aimaient partager autour d’un repas gourmet. Dans la vie en communauté, elle se souvient avoir maintes fois dû vérifier la disposition de son cœur, et si elle était prête à « se laisser déranger par l’autre », par exemple dans ses projets pour la journée. « Plus d’une fois, il a fallu se dépasser, et Dieu m’a rendue moins exigeante vis-à-vis de moi-même, explique-t-elle.

« Actuellement, nous impliquons chacun des enfants selon son âge et ses dons.L’espace à disposition est un défi, mais implique créativité et flexibilité. La motivation des enfants fluctue parfois, ce qui a déjà engendré de bonnes discussions sur la valeur et le respect de la personne, comment Dieu nous voit, mais aussi reconnaître ses limites et besoins… »

Rachel ajoute que la simplicité et l’authenticité observées lorsqu’elle était accueillie lors de ses voyages à l’étranger, l’inspirent.

Elise, nouvellement mariée

Elise a été touchée par l’hospitalité dont elle a bénéficié lors de ses voyages ou changements de villes: « J’ai beaucoup apprécié les gens qui m’ouvraient facilement leur porte et leur cœur, et qui m’aidaient aussi à me sentir chez moi », se souvient-elle.

Célibataire, son objectif était toujours de faire tomber les barrières. Elle a eu l’occasion de pratiquer l’hospitalité en invitant les gens chez elle, et parfois, lors de rencontres avec des amis, elle a fait attention à ce que les nouveaux dans le groupe s’intègrent facilement et se sentent à l’aise, en leur parlant ou en leur posant des questions, par exemple.

Mariée depuis quelques mois, elle désire que leur nouveau foyer soit aussi un lieu d’accueil, « où les gens se sentent bien », précise-t-elle, « et même qu’ils puissent nous rendre visite de manière spontanée. Son mari est ouvert aux nouvelles rencontres, et du coup ils ont globalement la même perception de l’hospitalité.

« Par contre », précise-t-elle, « il a plus besoin que moi de moments à lui et du coup, la fréquence d’accueil ne devrait pas empiéter sur son espace, ni sur nos moments à deux. »

Rhoda Bangerter

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