Dissension autour de la gestion d’un hôpital catholique de Yaoundé

0
90

Depuis presque deux ans, le Centre médical catholique portant le nom de l’ancien archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Zoa et construit au sein du Centre d’animation sociale et sanitaire (Cass), à Yaoundé, fait l’objet d’une dissension dans sa gestion et son contrôle.

S’opposent d’un côté son promoteur italien, l’ONG catholique italienne COE (Centro Orientamenta Educativo) et une partie des administrateurs, et de l’autre, l’archevêque de Yaoundé Mgr Jean Mbarga qui préside depuis quelques années le conseil d’administration de cette institution sanitaire catholique.

Les tensions autour du contrôle du Centre médical catholique Mgr Jean Zoa ont été révélées au grand jour par une première correspondance signée, le 1er avril, par Paul Samangassou, l’un des administrateurs de la structure et une réplique, signée, quelques jours plus tard, par le porte-parole de l’archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, le père Apollinaire Bertrand Ndzoumou.

Le centre médical catholique Mgr Jean Zoa, a été inauguré en 2017. Mais le Centre d’animation sociale et sanitaire (Cass) – un ensemble d’œuvres sociales qui inclut aussi bien ce centre que d’autres activités dédiées aux personnes nécessiteuses – a été fondé il y a une trentaine d’années par l’ONG catholique italienne COE (Centro Orientamenta Educativo). L’actuel président du Conseil d’administration est Mgr Jean Mbarga. Autour de ce président, gravitent des administrateurs laïcs italiens et camerounais parmi lesquels Paul Samangassou, ancien coordonnateur du Bureau des activités sociocaritatives (Basc) à la Conférence épiscopale nationale du Cameroun.

Correspondance de Paul Samangassou

Dans sa correspondance datant du 1er avril, Paul Samagassou déplore ce qu’il considère comme des dérives managériales de l’archevêque de Yaoundé. Selon cet administrateur, Mgr Jean Mbarga a convoqué un autre conseil d’administration le 4 mars 2021, sans qu’aucun membre du COE, la structure italienne promotrice du Centre médical Jean Zoa n’ait pu y prendre part. Il accuse l’archevêque d’avoir tenu ce conseil d’administration avec, comme unique participante, une religieuse, coordonnatrice diocésaine du service la santé « en violation de toute disposition et tout bon sens, s’indigne Samangassou. Le quorum n’est pas de 2 membres dans un organe qui compte 7 ».

A lire : Au Cameroun, querelle épistolaire entre l’archevêque de Yaoundé et l’ancien économe du diocèse

« Les décisions que vous (l’archevêque et la religieuse, NDLR) avez prises (et qui sont illégales) se sont traduites en nominations diverses, insiste-t-il cette lettre. Tu as clairement laissé entendre que désormais le Centre médical Jean Zoa ne relevait plus que de ta seule autoritéPour le directeur de l’hôpital et quelques-uns de ses collaborateurs que tu as imposés contre la volonté de la majorité des administrateurs et même de la direction du COE à Barzio, tu as donné le feu vert pour faire ce qu’ils veulent à condition de se référer à toi ».

Réaction du directeur du centre médical

Paul Clémentine Ilandi, directeur du Centre Médical Jean Zoa, joint par La Croix Africa a tenu à réagir. « La correspondance de Paul Samagassou, qui circule dans les réseaux sociaux est truffée de contre-vérités », estime-t-il. Dans un communiqué rendu public le 8 avril 2021, Paul Clémentine Ilandi indique que Centre d’animation sociale et sanitaire (Cass) « est et demeure la propriété incontestée de l’archidiocèse de Yaoundé ». Selon lui, le COE a juste reçu un mandat pour la gestion.

Selon Ilandi, depuis 2012, le COE Italie avait manifesté son désir de se retirer de la gestion du Cass et du centre médical Jean Zoa, suite à une crise économique qui a sévi en Italie. « Le COE a donc proposé à l’archidiocèse de Yaoundé de s’impliquer davantage dans la gestion de l’œuvre », poursuit-il. « Au bout de quelques années, précisément vers septembre 2020, le COE Italie a voulu reprendre en main le Centre médical Jean Zoa et a sollicité une rencontre au sommet avec l’archevêque de Yaoundé, le calendrier de ce dernier n’a pas permis cette rencontre ». Selon lui, la structure italienne a décidé d’elle-même, de suspendre sa participation aux conseils d’administrations.

Réaction de Mgr Jean-Mbarga

Mgr Jean Mbarga s’est également exprimé sur le sujet à travers un communiqué rendu public par le responsable de la communication de son diocèse, le père Apollinaire Bertrand Ndzoumou, le 6 avril. « À toutes fins utiles, nous tenons à rappeler à l’opinion que le Cass de Nkoldongo est la pleine propriété de l’archidiocèse de Yaoundé, a écrit le prêtre dans une note en réponse à la lettre ouverte de Samangassou. La coopération avec COE étant à clarifier, l’archidiocèse de Yaoundé à travers son pasteur propre (l’archevêque de Yaoundé) s’est engagé à élever le niveau d’efficience de ce Centre Médical à la hauteur des attentes des patients. Ces réformes, de toute évidence, perturbent les privilèges abusifs de certains. Ce qui explique clairement leur hostilité et leur volonté de nuire en recourant à la calomnie et la vendetta médiatiques contre l’archevêque de Yaoundé ».

Joint au téléphone par La Croix Africa, Mgr Jean Mbarga tempère. « C’est pour moi une affaire close. J’ai pardonné à mon frère Paul Samangassou. Ensemble nous allons envisager l’avenir en bonne compréhension ».

Jean François Channon Denwo (à Yaoundé)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here