Au Nigeria, vive émotion après l’enlèvement et l’assassinat d’un prêtre

0
203

Au Nigeria, l’enlèvement et le meurtre violent du père John Gbakaan, curé de la paroisse Saint Antoine de Gulu, dans le diocèse de Minna, dans l’État fédéré du Niger (centre-ouest) suscitent une vive émotion.

Le corps sans vie du père John Gbakaan, prêtre du diocèse de Minna, dans l’État fédéré du Niger (centre-ouest) a été retrouvé, vendredi 15 janvier. Le curé de la paroisse Saint Antoine de Gulu avait été enlevé le même jour. La veille, en compagnie de son frère et d’un de ses amis prêtre, il s’était rendu chez sa mère, à Makurdi, dans l’État de Benue (centre).

Sur le chemin du retour, le père Gbakaan et son frère ont été interceptés par des assaillants inconnus. Selon l’agence missionnaire Fides, l’attaque a eu lieu autour de 21 heures dans les environs du village de Tufa. Le diocèse de Minna a ensuite reçu, le 16 janvier, un appel des malfaiteurs qui demandaient une rançon de 65 480 € ramenée plus tard à 10 915 €. Le corps du prêtre sauvagement mutilé à la machette a été retrouvé entre-temps mais l’on est toujours sans nouvelles de son frère.

Enlèvements de prêtres et évêque

Cet assassinat intervient trois semaines après l’enlèvement de l’évêque auxiliaire d’Owerri (sud-est), Mgr Moses Chikwe qui a été libéré vendredi 1er janvier dans la soirée. Une semaine avant lui, le père Valentin Oluchukwu Ezeagu, prêtre du diocèse d’Imo (sud) avait été enlevé puis libéré. Le 21 novembre, le père Mathew Dajo du diocèse d’Abuja avait aussi été enlevé puis libéré le 2 décembre.

Dans ce contexte, l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) dénonce l’insécurité dans le pays et s’inquiète de cette multiplication des enlèvements de religieux. « Aujourd’hui, dans le nord du Nigeria, de nombreuses personnes vivent dans la peur et beaucoup de jeunes ont peur de devenir prêtres ou pasteurs parce que la vie de ces derniers et en grave danger, a réagi, son vice-président, le pasteur John Hayab. Quand des bandits ou des ravisseurs se rendent compte que leur victime est un prêtre ou un pasteur, il semble qu’un esprit violent s’empare de leur cœur pour demander une rançon plus élevée et, dans certains cas, ils en arrivent à tuer leur victime ».

En janvier 2020, après le meurtre du pasteur Lawan Andimi, chef de la section de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), dans l’État d’Adamawa (nord-est), cette structure œcuménique avait interpellé le gouvernement nigérian sur l’insécurité qui prévaut dans le pays.

« Nous considérons que les enlèvements, les extorsions et les meurtres sans relâche de chrétiens et de Nigérians innocents sont honteux pour le gouvernement qui se vante à chaque fois d’avoir vaincu l’insurrection, avait estimé l’association dans un communiqué. Il est répréhensible et triste que chaque fois que le gouvernement se prononce pour la défaite de l’insurrection, davantage de meurtres soient commis ».

Lucie Sarr

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here