«Je suis croyant»: les confidences de Bernard Tapie sur sa foi

0
287

Décédé dimanche 3 octobre au terme d’un long combat contre le cancer, Bernard Tapie se disait animé d’une profonde foi chrétienne. Il s’en est ouvert à plusieurs reprises, soulignant que sa conscience croyante lui permettait un rapport « lucide et décomplexé » à la mort.

Décédé dimanche 3 octobre à 78 ans, Bernard Tapie fut tour à tour, et parfois en même temps, homme d’affaires sulfureux, acteur, chanteur, entrepreneur aussi audacieux qu’aventureux, dirigeant sportif condamné par la justice, politicien… tout en se disant profondément croyant. Sa lutte contre le cancer, ces dernières années, et l’approche de la mort, lui avaient donné l’occasion d’en témoigner publiquement à plusieurs reprises.

En janvier dernier, lors d’une émission qui lui était consacrée sur France 2avec Laurent Delahousse, l’ancien patron du club de football de Marseille était ainsi revenu sur les sources de sa foi. « J’ai été baptisé, [car] ma mère le voulait, mais on ne pratiquait pas du tout », se souvenait-il. Mais sa pratique du violon, qu’il commence à six ans, l’amène à jouer dans des églises de la banlieue parisienne et « un dimanche matin, j’ai été pris par une émotion, par quelque chose que je ne peux pas décrire et qui m’a fait jouer comme si j’étais ailleurs ».

« Tu as fait la rencontre »

Bernard Tapie s’en ouvre alors à un prêtre – « un type extraordinaire» – qui lui répond : « tu as fait la rencontre ». Pour l’ancien ministre de François Mitterrand, « cette rencontre est incompréhensible par quelqu’un qui ne croit pas ». Devant Laurent Delahousse, il ajoutait : « il faut faire l’effort pour venir et croire ». Il définissait ensuite sa foi comme « la conviction qu’il existe quelque chose d’autre et que vous serez jugé non pas sur ce qui se dit, non pas sur ce que vous croyez de vous, mais sur ce que vous ferez ».

Cette déclaration de foi sur le plateau de France 2 n’était toutefois pas la première pour celui qui est décédé au terme d’un long combat contre le cancer. « Je suis croyant », affirmait-il ainsi sans ambages dans un entretien au Pointen 2018. Grâce à cette foi, poursuivait-il alors qu’il était déjà atteint par la maladie, « ma relation à la mort est lucide et décomplexée, sans crainte et sans peur » et même « assez simple ».

« Je me mets à genoux »

Deux ans plus tard, celui qui fut député européen de 1994 à 1997 se confiait cette fois-ci sur le plateau de BFMTV. Grâce à la foi, « je ne fais pas de la mort un drame absolu », affirmait-il. Il se définissait alors comme « un pratiquant monolithique convaincu que c’est la voie du cœur, pas la voie de l’éternel, ni la voie du piston ». Pour Bernard Tapie encore, « être croyant c’est être lucide sur la limite de vos connaissances et de vos capacités à comprendre ».

Mais c’est peut-être dans ses dernières confidences que l’ancien patron de presse s’est fait le plus intime sur son rapport à la religion. « Le matin, quand je me lève, c’est mon premier geste : je me mets à genoux », racontait-il ainsi à Franz-Olivier Giesbert, qui en fait le récit dans un livre dédié à Bernard Tapie (1), paru en juin, quatre mois seulement avant sa mort. Priant « cinq minutes, parfois trente », il engageait un dialogue silencieux avec Dieu. « Je ne raconte rien de ce qu’on s’est dit, même pas à ma femme, à qui je dis tout ». « Il y a, au-dessus de nous, des choses qui nous dépassent », assurait encore Bernard Tapie, disait être convaincu que Dieu l’accompagnait « sans arrêt ».
Ses obsèques auront d’ailleurs lieu dans une église catholique, la cathédrale de la Major, de Marseille, sa cité de coeur, a annoncé le maire Benoît Payan.

Xavier Le Normand

(1) Bernard Tapie, leçons de vie, de mort et d’amour, Franz-Olivier Giesbert, Presses De La Cité, 360 p., 21 €

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here