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États-Unis : les mesures de Donald Trump qui resteront

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U.S. President Donald Trump tosses out 'Keep America Great' caps as he arrives for a campaign rally at Oakland County International Airport in Waterford Township, Michigan, U.S., October 30, 2020. REUTERS/Carlos Barria/File Photo SEARCH "BARRIA POSTCARDS" FOR THIS STORY. SEARCH "WIDER IMAGE" FOR ALL STORIES TPX IMAGES OF THE DAY

Explication

La présidence de Donald Trump touche à sa fin. Jugé impulsif et dangereux par une partie de l’électorat américain, son mandat aura contribué à polariser la politique américaine. Certaines des mesures prises par le 45e président des États-Unis ont tout de même fait consensus, et pourraient être conservées par son successeur.

► Réforme de la justice fédérale américaine

En décembre 2018, Donald Trump promulguait la réforme First Step Act. Soutenue par une grande majorité des élus démocrates, cette loi prévoyait notamment la possibilité d’accélérer la libération de prisonniers fédéraux condamnés pour des crimes non-violents reliés à la drogue et de faciliter leur réinsertion.

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Effectivement, depuis la présidence de Richard Nixon, les États-Unis connaissaient un resserrement de la justice pénale. « Cela concerne particulièrement les jeunes hommes afro-américains et latino-américains qui sont enfermés de façon très supérieure pour des délits mineurs. Beaucoup de démocrates dénoncent une nouvelle forme de ségrégation puisque cela disloque les familles et les personnes qui en ressortent perdent l’accès à l’emploi ou aux logements sociaux. Tout ceci les maintient en dehors de la société », explique Didier Combeau, politologue et spécialiste des États-Unis.

Cependant, si cette réforme en faveur des plus pauvres et des minorités a remis en question la justice fédérale américaine, plus de 3 000 prisonniers ayant déjà été libérés, elle reste plutôt symbolique puisqu’une grande majorité des affaires sont jugées au niveau des États.

► Désengagement des troupes américaines à l’étranger

Sur le plan international, la mesure qui a été parmi les mieux accueillies des Américains de tous bords aura été la fin progressive des « guerres sans fin », en Afghanistan et en Irak notamment. Si Donald Trump est le seul président américain en plus de trente ans à ne pas s’être engagé dans une nouvelle guerre, il a aussi réduit considérablement le nombre de ses troupes militaires à travers le monde.

Cette mesure, réclamée à cor et à cri par l’aile gauche du parti démocrate, a été appréciée bien au-delà de sa base. « Les attentats du 11 septembre et le cyclone Katrina en 2005 ont eu un impact fondamental sur le ras-le-bol des Américains. Ils ont vu des concitoyens sur leur toit qui n’étaient pas secourus à temps, des corps flottants, et ils ont fait le parallèle avec ce qui se passait en Irak et en Afghanistan. Le même soir, ils ont vu le visage des jeunes militaires tués dans la guerre et les gens de La Nouvelle-Orléans, un contraste qui les a profondément choqués », selon Marie-Christine Bonzom, politologue et spécialiste des États-Unis. Une tendance forte des opinions, bien comprise par Donald Trump qui en avait fait une de ses principales promesses de campagne.

► En matière commerciale ou face à la Chine, une diplomatie plus musclée

Un autre des héritages de l’administration Trump aura été de faire résonner les questions diplomatiques et internationales dans l’Amérique profonde et les classes moyennes. Une Amérique qui, jusqu’ici, se sentait déconnectée de ses élites face à une politique américaine ultra-internationaliste dans son rôle de gendarme du monde.

« Donald Trump a pris en compte les inquiétudes et préoccupations américaines face à des accords commerciaux comme l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain, NDLR), qui pouvaient, sur la durée, avoir des effets collatéraux dommageables pour l’économie et les emplois américainsIl a aussi fait de la relation à la Chine un enjeu de politique intérieure, le liant à la perte d’emploi, il a montré qu’il fallait réagir de façon plus musclée, plus ferme », souligne Alexandra de Hoop Scheffer, politologue et spécialiste de la politique étrangère américaine.

Ces tensions avec la Chine ont raisonné bien au-delà des frontières américaines. En quatre ans, la puissance asiatique est également devenue une priorité de ce côté-ci de l’Atlantique. « Donald Trump a sorti les États-Unis et l’Europe d’une ère de naïveté. On pensait qu’en se développant économiquement, la Chine convergerait vers un régime plus démocratique, rappelle Alexandra de Hoop Scheffer. Finalement, ils se sont rendu compte qu’il fallait prendre des décisions en matière de questions commerciales et technologiques envers ce pays et coordonner les politiques américaines et européennes ».

La politologue constate également un changement dans le dialogue entre le Vieux Continent et les États-Unis, devenu plus « ouvert », plus « franc », « plus sain ». Sans le vernis imposé par les administrations précédentes. Les pays européens expriment désormais leur désaccord et affirment plus directement leurs priorités et intérêts stratégiques en matière de climat, de nucléaire iranien ou de multilatéralisme.

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