AFRIQUE DU SUD – Rétablir la confiance de la population à un moment aussi dramatique après la corruption ayant concerné les fonds destinés à la lutte contre le Covid-19

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Johannesburg (Agence Fides) – « Même si nous sommes profondément bouleversés, la nouvelle du saccage de deniers publics au cours de la pandémie ne constitue pas une grande surprise. Nous exhortons nos responsables à prendre attentivement note de la manière dont ils ont consenti à la culture de l’impunité vis-à-vis de la corruption se développer et ainsi créé un environnement favorable à des malversations sur les fonds destinés à la lutte contre le Covid-19. Au fil des années précédentes, malgré de graves accusations, personne n’a été arrêté pas plus que des procédures judiciaires n’ont été enclenchées contre les hommes politiques et leurs familles » affirme une déclaration des Evêques d’Afrique du Sud concernant les très graves cas de malversations et de corruption ayant intéressé les fonds crédités pour soigner les malades de Covid-19 et prévenir la diffusion de la pandémie.
En Afrique du Sud, qui compte plue de 500.000 cas de Covid-19, les signalements d’accords suspects entre fonctionnaires gouvernementaux et entreprises fournissant des appareillages médicaux ainsi que des colis alimentaires destinés aux pauvres se sont multipliés. Les infirmiers se sont plaints de la carence diffuse de dispositifs personnels de protection avec pour conséquence la multiplication des contaminations parmi le personnel et les autres patients au sein des hôpitaux.
Les Evêques s’adressent au Président, Cyril Ramaphosa, qui s’était engagé à freiner la corruption après les scandales commis par son prédécesseur, Jacob Zuma. « Il est évident que le scandale actuel concernant la corruption a encore davantage érodé la confiance de l’opinion publique envers le bureau du Président et sa capacité à éradiquer le cancer de la corruption qui dévore actuellement l’âme de notre nation » soulignent-ils. « Nous adressons donc un appel au Président afin qu’il entreprenne des initiatives courageuses permettant de restaurer la confiance des citoyens dans la Présidence en tant qu’institution ».
« L’efficacité de la bataille actuelle contre la pandémie et la récession économique requiert l’intervention immédiate de la Présidence qui a la capacité de puiser à des niveaux significatifs de confiance publique. Au cours de cette période difficile pour notre nation, où sont en jeu la vie et la subsistance de millions de personnes, le pays ne peut se permettre de hauts niveaux de déficit de confiance envers le gouvernement et le Bureau du Président » souligne la déclaration.
Les Evêques concluent en demandant de restaurer l’Unité spéciale anticorruption de la Police – les Scorpions – et le renforcement de tribunaux spécialisés dans les cas de corruption. (L.M.) (Agence Fides 18/08/2020)

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