La torture et l’arrestation de Ramy Kamel, défenseur des coptes chrétiens, suscitent l’indignation de la communauté internationale

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Arrestation arbitraire et torture, la détention de Ramy Kamel suscite une vague d’indignations de la part des organisations des Droits de l’Homme.

Ramy Kamel est un défenseur reconnu des droits civils de la communauté copte d’Égypte. Il devait participer à la 12ème session du Forum sur les questions relatives aux minorités les 28 et 29 novembre dernier. Mais il a été arrêté le 23 novembre. Accusé de coopération avec les Frères Musulmans, il est maintenu en détention depuis le 24 novembre. La communauté internationale s’indigne de son arrestation arbitraire et réclame sa libération immédiate.

Ramy Kamel est le fondateur de la Maspero Youth Union, organisation chrétienne, créée en mars 2011, dont l’objet est la défense des droits de l’homme. Il se concentre sur les « violations et abus auxquels sont confrontés les chrétiens en Égypte, y compris le ciblage des églises », et critique « les lois régissant les affaires coptes en Égypte ». Accusé d’appartenir à « une organisation terroriste et d’utiliser les réseaux sociaux pour diffuser de ‘fausses nouvelles menaçant l’ordre public’ », l’activiste est actuellement en détention provisoire à la prison de Tora au Caire.

L’Institut du Caire pour les Études des Droits de l’Homme (CIHRS) dénonce les conditions de son arrestation.

« La convocation officieuse de Ramy 18 jours avant son arrestation était une tentative violente de l’intimider pour qu’il cesse son activisme en faveur des droits humains et la défense des droits coptes. Il a été convoqué puis transporté dans un véhicule blindé au siège de la sécurité nationale à Nasr City, où il a été torturé et sévèrement battu. Il a été illégalement interrogé sur les sources de ses informations et plusieurs de ses publications sur ses comptes personnels sur les réseaux sociaux avant d’être libéré. À 1h30 du matin le samedi 23 novembre, les forces de sécurité ont fait irruption et perquisitionné le domicile de Ramy Kamel dans le quartier de Warraq, et l’ont arrêté après avoir confisqué son téléphone, son appareil photo et son ordinateur personnel. Ramy a ensuite disparu pendant plusieurs heures, au cours desquelles il a été battu et insulté, selon sa déclaration ultérieure. »

L’Organisation des Nations Unies s’indigne d’un tel mauvais traitement qui « ne peut en aucun cas être justifié ».

« Les experts ont également exprimé de sérieuses préoccupations concernant le traitement de M. Kamel après que des officiers des forces spéciales sont entrés par effraction chez lui à 01 h 45 le 23 novembre, sans mandat d’arrêt, ont confisqué des documents personnels, un ordinateur portable, un appareil photo et un téléphone portable et l’ont emmené dans un lieu inconnu. Il aurait été battu pour le contraindre à divulguer les mots de passe de ses appareils électroniques, privé d’asthme et de médicaments contre l’hypertension et n’ayant pu contacter sa famille ou ses avocats que le lendemain. Si ces allégations sont vraies, elles constitueraient non seulement des violations du droit de M. Kamel à la santé, à la liberté et à la vie privée, mais aussi des actes de torture. Le traitement qu’il subit ne peut en aucun cas être justifié. »

Selon les experts de l’ONU, ces « deux arrestations ont coïncidé avec la demande de visa suisse de M. Kamel afin qu’il puisse s’exprimer au Forum des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités à Genève les 28 et 29 novembre 2019 ». Ils précisent d’ailleurs que l’activiste a déjà collaboré avec l’ONU au sujet notamment du « déplacement forcé des chrétiens coptes ». Il s’agit selon eux de « représailles ».

« Personne ne devrait faire face à des actes d’intimidation, de harcèlement ou de représailles de quelque nature que ce soit pour sa participation ou sa contribution aux travaux de l’ONU et de ses mécanismes des droits de l’homme. La détention arbitraire et la torture présumées de Kamel s’inscrivent dans un schéma de descentes, d’arrestations et d’interdictions de voyager contre les défenseurs des droits humains, les journalistes, les dissidents et les membres de leur famille. Les individus qui ont coopéré ou tenté de coopérer avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies ont été à plusieurs reprises la cible de représailles. »

La Commission américaine sur la Liberté Religieuse Internationale (USCIRF) condamne également l’arrestation de Ramy Kamel. Elle fait état des « fausses accusations » contre lui, « notamment l’appartenance à une organisation terroriste, la diffusion de fausses informations et la perturbation de l’ordre publique ». La Commission appelle le gouvernement à le « libérer immédiatement » et à « rejeter les accusations ridicules contre lui ».

Pour Nadine Maenza, vice-présidente de l’USCIRF, « son arrestation jette un doute sur la sincérité des promesses de l’Égypte de travailler à une plus grande liberté religieuse ».

« L’USCIRF appelle le gouvernement égyptien à libérer immédiatement M. Kamel de sa détention et à rejeter les accusations ridicules contre lui. Son arrestation jette un doute sur la sincérité des promesses de l’Égypte de travailler à une plus grande liberté religieuse. L’Égypte ne peut pas promettre de meilleurs droits et libertés pour les coptes et les autres communautés non musulmanes, tout en portant de fausses accusations contre ses propres citoyens qui plaident pour ces mêmes réformes. Il doit également mettre fin au harcèlement plus large des militants, des journalistes et autres qui plaident pour une Égypte dans laquelle tous ses citoyens – musulmans, chrétiens et autres – peuvent travailler ensemble pour bâtir une société plus forte sur la base des libertés religieuses et autres. »

Le 16 décembre, la détention de Ramy Kamel a été prolongée de 15 jours. Sous le #Free_Ramy, les internautes relaient sur les réseaux sociaux les appels des experts pour demander la libération du militant.

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