Barrage du Nil Bleu: le primat d’Éthiopie exhorte au dialogue

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Un appel au dialogue, comme «instrument et voie de la paix», a été lancé par le cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis-Abeba et président de la conférence des évêques catholiques d’Éthiopie, à l’occasion de la nouvelle année que ce pays africain a célébrée le 11 septembre, selon son propre calendrier, basé sur celui des coptes.

Dans son message, cité sur le blog de l’Amecea (Association des membres des conférences épiscopales d’Afrique de l’Est), le cardinal s’est arrêté sur la question du barrage du Nil Bleu, également connu sous le nom de «Grand barrage de la Renaissance», un projet lancé par l’Éthiopie jusqu’en 2022, et qui crée des tensions avec les pays voisins, comme le Soudan et l’Égypte; ces derniers craignant une diminution des débits d’eau et des apports de limon.

Préserver la haute valeur de l’eau

«L’eau est la vie, et en tant que telle, il est bon de lui donner une haute valeur», a déclaré le cardinal Souraphiel, invitant toutes les parties concernées au dialogue, afin que le différend sur ce barrage «ne conduise pas à un conflit, mais à la compréhension et à la collaboration pour le bien commun», comme le déclarait le Pape François lors de l’angélus du 15 août 2020.

«J’invite toutes les parties à continuer sur la voie du dialogue afin que le Fleuve Éternel continue d’être une sève de vie qui unit et non qui divise, qui nourrit toujours l’amitié, la prospérité, la fraternité et jamais l’inimitié, l’incompréhension ou le conflit. Que le dialogue soit, chers frères de l’Egypte, de l’Ethiopie et du Soudan votre unique choix pour le bien de vos chères populations et du monde entier» avait alors insisté le Saint-Père. Le cardinal Souraphiel remercie aussi «tous les efforts des organisations internationales», surtout ceux de l’Union africaine, pour fluidifier ce type de dialogue.

Discorde sur le Nil

D’une hauteur de 145 mètres et d’une capacité de 74 milliards de mètres cubes d’eau, le grand barrage de la renaissance GERD que construit l’Éthiopie est appelé à devenir le plus grand barrage hydroélectrique en Afrique.  Construit sur le Nil Bleu, qui rejoint au Soudan le Nil Blanc pour former le Nil, il est une source de fortes tensions entre ces pays depuis 2011.

Le Caire reproche à Addis Abeba de ne pas aborder la question de la gestion du barrage, tandis que Khartoum accuse Addis Abeba de lier cette gestion à une renégociation du partage des eaux du Nil Bleu, ce qu’il refuse.

 

L’Égypte et le Soudan invoquent «un droit historique» sur le fleuve garanti par des traités conclus en 1929 et 1959. Mais l’Éthiopie s’appuie sur un traité signé en 2010 par six pays riverains et boycotté par l’Égypte et le Soudan autorisant des projets d’irrigation et de barrages sur le fleuve.

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